[Série] Shooter : retour sur la 1ère saison

  • Titre : Shooter
  • Créée par John Hlavin
  • Rôle titre : Ryan Phillippe
  • Nationalité : US
  • Durée d’épisode : 42 minutes (10 épisodes – saison 1)
  • Genre : Action / Thriller

Diffusée en simultané sur la chaîne USA Network aux états-unis et sur Bravo! au canada, Shooter passera probablement inaperçue en france (à partir de mars 2017 sur 13ème Rue puis dans le courant de l’année sur C8). Il faut dire que si je suis m’y suis intéressé c’est avant tout grâce à la présence de Ryan Phillippe (Souviens-toi l’été dernier, Cruel Intentions) en tête d’affiche. L’acteur – à qui on promettait un bel avenir – s’est montré plutôt discret ces dernières années et n’a jamais vraiment confirmé tout le bien qu’on pensait de lui, à l’instar d’un certain Skeet Ulrich (Scream, Jericho). Tous les deux, issus des années 90, gardent malgré tout un belle côte chez moi, et c’est donc avec une certaine curiosité que je me suis lancé dans la série.

Synopsis (Allociné) :

Bob Lee Swagger, un ancien tireur d’élite au sein des Marines, reprend du service pour déjouer une tentative d’assassinat à l’encontre du président des États-Unis. Mais lorsqu’il se retrouve accusé du crime, il va devoir se servir de tout ce qu’il a appris au cours de sa carrière pour retrouver les vrais coupables et faire payer ceux qui l’ont piégé.

Si le titre de la série et le synopsis vous parlent, c’est que vous avez probablement vu le film éponyme paru en 2007 et réalisé par Antoine Fuqua (Training Day) avec un certain Mark Wahlberg (qui produira ensuite la série) dans le rôle titre. Tirée du long-métrage (lui même basé sur le livre Point of Impact), la série reprend donc les grandes lignes du scénario, au point de frôler le mimétisme dans l’épisode pilote – peu convaincant – ce qui gâche un peu la découverte. Mais c’est bien à partir du second épisode que la série gagne en intérêt et en épaisseur, en multipliant les personnages et les intrigues parallèles, sans jamais perdre de vu la quête de justice menée par le héros, Bob Lee Swagger.

Solidement interprété par un Ryan Phillippe physiquement au top, le tireur d’élite parait crédible et oscille constamment entre le soldat énervé et le père de famille concerné. Evidemment, l’acteur est souvent impliqué dans des phases de « sniping », sans pour autant constamment appuyer sur la gâchette, que ce soit dans le présent ou dans des séquences flashbacks qui nous renvoient à sa période dans les marines où Bob Lee Swagger s’est forgé une belle réputation derrière le viseur. Soldat respectueux des valeurs de son pays, il n’en reste pas moins un être instinctif qui n’hésite pas à désobéir à un ordre direct pour faire ce qui lui semble le plus juste. Un trait de caractère qu’on retrouvera tout au long de la saison, avec une une notion prononcée de la justice qui forge la personnalité de ce héros, sans pour autant l’arrêter lorsqu’il s’agit de tuer pour préserver sa famille ou les êtres qui comptent chers. A chacun sa morale.

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Notre héros va donc devoir se battre, au sens littéral comme figuré, contre le monde entier pour prouver son innocence et rétablir la vérité. Comme souvent, on échappe pas au complot et autres conspirations gouvernementale qui entravent le parcours du sniper, sans pour autant que ça devienne trop intrusif ou que ça nuit au développement du personnage. Au delà de ce côté très « sérieux », la série s’amuse aussi en ajoutant une petite dose quasi mythologique avec l’introduction des 4 fusils Black King (des snipers frappés d’une des 4 Roi d’un jeu de cartes et capables de tirer à des distances très éloignées pour peu qu’ils soient utilisés par des cracs), qu’on croirait presque sortis d’un manga, et qu’on retrouvera probablement – du moins je l’espère – dans la seconde saison.

Pour lui donner la réplique, l’acteur peut compter sur quelques apparitions de choix à l’instar de Desmond Harrigton (Quinn dans Dexter) ou encore William Fichtner (Alexander Mahone dans Prison Break), ce dernier s’offre d’ailleurs l’un des meilleures épisodes de cette première saison (01×06 « Killing Zone ») dans lequel il joue le rôle du mentor.

Je suis en revanche un peu moins convaincu par la présence d’Omar Epps (Eric Foreman dans Dr. House) qui interprète Isaac et Cynthia Addai-Robinson (Spartacus) qui tient le rôle de l’agent Memphis. Il faut dire que les deux acteurs sont pas franchement aidés et subissent malgré eux le développement plutôt flemmard et chaotique de leur personnage respectif, qui fise le comportement bi-polaire. C’est d’autant plus dommages que les deux protagonistes tiennent une place essentielle dans l’intrigue.

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Mais pas de panique, la série garde suffisamment d’atouts pour mériter le coup d’œil. Déjà parce qu’elle ne sombre jamais dans le patriotisme gerbant induit par ce genre de séries, mais aussi parce qu’elle ne souffre d’aucun temps mort, ou presque, avec une écriture plutôt claire (on ne se sent jamais largué par l’intrigue) qui lui assure un joli rythme tout au long des 10 épisodes qui composent cette première saison, qui sèment avec parcimonie et justesse les séquences d’action, sans omettre le sacro-saint complot international. On ressort donc de la saison plutôt satisfait et rassasié, sans réelle frustration. Parmi les quelques reproches, je peux néanmoins pointer la réalisation globale, un peu sage et qui manque parfois de folie pour totalement emballer (particulièrement sur l’épisode pilote qui ne reflète pas vraiment le reste de la saison) tout en assurant malgré tout le minimum syndicale, en reprenant notamment quelques gimmicks visuels du film.

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Ainsi, et si la fin de cette saison met un terme à l’intrigue principale, elle laisse sans surprise une (petite) porte ouverte pour une suite, et USA Network a d’ailleurs confirmé la mise en chantier d’une deuxième saison, que je suivrais avec plaisir, aux côtés de Bob Lee Swagger.

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#JeSuisÉpuisé

Il y a moins de 24 heures, la France a été frappée par une tuerie de masse, la troisième en moins de 18 mois. Encore. C’est probablement le premier mot qui nous vient tous en tête, tout du moins ceux qui ont toujours la « chance » d’assister à ça, de loin. Parce qu’après tout, on en est là, pourquoi pas nous ? Une inquiétude cristallisée par notre impuissance face à ces massacres nourris par la haine. Cette haine que peut vouer un être humain face à ses congénères.

Evidemment, je n’oublie pas les autres peuples, les autres pays, qui eux aussi luttent (malgré eux) contre ces idéologies conflictuelles en payant cash les conséquences de ce qu’on peut définitivement appeler la troisième guerre mondiale. Pas question ici de rentrer dans de faux débats politiques/géopolitiques et encore moins religieux, qui ne sont que les détails d’un constat bien plus cinglant : on s’entre-tue.

Seulement voilà, j’en ai marre. Je suis fatigué d’assister à tout ça, de revoir ou réentendre encore et toujours les mêmes discussions, les mêmes thèses, les mêmes problèmes qu’on associe inéluctablement aux mêmes solutions, presque inconscient du seul fait immuable : on y peut rien. Il va falloir faire avec, apprendre à vivre (ou survivre) dans ce contexte menaçant qui s’impose comme la nouvelle norme. J’ai quelque part de la peine pour cette nouvelle génération, celle qui va grandir avec la peur au ventre de ne plus pouvoir s’exprimer librement sans être inquiété par des pensées réfractaires, de ne plus pouvoir aller boire sereinement un verre avec ses amis en terrasse, de ne plus pouvoir participer à un concert sans craindre d’autres détonations que celles des basses ou simplement de ne plus pouvoir admirer un feu d’artifice en famille sans craindre l’irruption d’un drame sur le chemin du retour.

Difficile cependant de rester sans voix dans ce monde où la suspicion supplante la prévention, où les journalistes s’emparent comme des vautours de l’actualité, chassant le moindre détail morbide susceptible de faire exploser l’audimat, des reporters qui ne valent pas mieux que ces artistes et ces bien pensants mobilisés sur cette course au bon slogan, au hashtag qui fera mouche ainsi qu’au petit dessin qui sera instantanément relayé par les réseaux sociaux, en quête de gloire sur fond de compassion. Mais tout va bien, demain on nous dira que c’est horrible, que c’est inacceptable, qu’il faut se dresser face à la barbarie et que la France ne cédera pas, des mots d’encouragement exprimés par une horde de costards-cravates qui repartiront dans la foulée escortés par leur service d’ordre respectif.

Quant à nous, il ne nous reste plus qu’à vivre et profiter du temps qu’il nous reste jusqu’à la prochaine épreuve, qu’elle soit fatale ou non, en priant que les décisions du sommet n’égratignera plus la base.

Marc Contra – 15 / 07 / 2016

Made in 90’s

Je viens d’une époque révolue.

 

Celle où frisson rime avec Chair de Poule, où un milliardaire excentrique a « dépensé sans compter », où il ne faut pas se perdre dans la forêt de Blair, où l’hymne « Smoke weed everyday » retentit dans les postes de radio, où Nicolas Cage tourne pour Brian de Palma, où Boris enflamme le dancefloor avec sa Soirée Disco, où le téléphone fixe est un incontournable, où internet passe par le 56k, où l’Ecole du Micro d’Argent se mue en école de la vie, où les soirées se comptent en 120 étoiles, où la neige cathodique n’est pas « une défaillance de mon téléviseur », où on mange des Kix au p’ti déjeuner, où Samy Naceri passe du monde des 2 roues à celui des 4 roues, où Quinn Mallory et sa bande cherchent désespéramment le chemin du retour en slidant de vortex en vortex, où Nique Ta Mère n’est pas qu’une insulte, où les K7 jonchent nos étagères, où le paranormal ne fait pas peur à Mulder et Scully, où Trey Parker et Matt Stone brisent les frontières du politiquement correct, où deux âmes se sont perdus dans les couloirs de Colombine, où Forget et Leconte viennent à bout de Sampras et Agassi, où une lycéenne prend en chasse les vampires, où on adopte la philosophie Hakuna Matata, où des images de synthèse nous propulsent vers l’infini et l’au-delà, où des sœurs combattent les forces du mal grâce au pouvoir des trois, où une entreprise pharmaceutique complote dans les collines d’Arklay, où Bruce Willis passe Une Journée en Enfer, où Tony s’envole avec la grâce d’un aigle vers son 900, où Woodsboro vit son propre film d’horreur, où l’argent de poche se compte en francs, où la West Coast et East pleurent leurs rois, où on embarquait tous les matins dans un bus magique, où Joey passe par la fenêtre de Dawson, où la génération black-blanc-beurre soulève la coupe, où Forrest crée l’entreprise Bubba Gump, où les fêtes de Stifler sont à la mode, où 5 filles épicées se dressent au sommet des charts, où un scientifique-otaku succombe aux canines d’une sniper d’élite et où Johnny Rico affronte une armée d’arachnides.

Si la plupart de ces références te parlent, félicitations, tu es toi aussi un pur produit des années 90.