#JeSuisÉpuisé

Il y a moins de 24 heures, la France a été frappée par une tuerie de masse, la troisième en moins de 18 mois. Encore. C’est probablement le premier mot qui nous vient tous en tête, tout du moins ceux qui ont toujours la « chance » d’assister à ça, de loin. Parce qu’après tout, on en est là, pourquoi pas nous ? Une inquiétude cristallisée par notre impuissance face à ces massacres nourris par la haine. Cette haine que peut vouer un être humain face à ses congénères.

Evidemment, je n’oublie pas les autres peuples, les autres pays, qui eux aussi luttent (malgré eux) contre ces idéologies conflictuelles en payant cash les conséquences de ce qu’on peut définitivement appeler la troisième guerre mondiale. Pas question ici de rentrer dans de faux débats politiques/géopolitiques et encore moins religieux, qui ne sont que les détails d’un constat bien plus cinglant : on s’entre-tue.

Seulement voilà, j’en ai marre. Je suis fatigué d’assister à tout ça, de revoir ou réentendre encore et toujours les mêmes discussions, les mêmes thèses, les mêmes problèmes qu’on associe inéluctablement aux mêmes solutions, presque inconscient du seul fait immuable : on y peut rien. Il va falloir faire avec, apprendre à vivre (ou survivre) dans ce contexte menaçant qui s’impose comme la nouvelle norme. J’ai quelque part de la peine pour cette nouvelle génération, celle qui va grandir avec la peur au ventre de ne plus pouvoir s’exprimer librement sans être inquiété par des pensées réfractaires, de ne plus pouvoir aller boire sereinement un verre avec ses amis en terrasse, de ne plus pouvoir participer à un concert sans craindre d’autres détonations que celles des basses ou simplement de ne plus pouvoir admirer un feu d’artifice en famille sans craindre l’irruption d’un drame sur le chemin du retour.

Difficile cependant de rester sans voix dans ce monde où la suspicion supplante la prévention, où les journalistes s’emparent comme des vautours de l’actualité, chassant le moindre détail morbide susceptible de faire exploser l’audimat, des reporters qui ne valent pas mieux que ces artistes et ces bien pensants mobilisés sur cette course au bon slogan, au hashtag qui fera mouche ainsi qu’au petit dessin qui sera instantanément relayé par les réseaux sociaux, en quête de gloire sur fond de compassion. Mais tout va bien, demain on nous dira que c’est horrible, que c’est inacceptable, qu’il faut se dresser face à la barbarie et que la France ne cédera pas, des mots d’encouragement exprimés par une horde de costards-cravates qui repartiront dans la foulée escortés par leur service d’ordre respectif.

Quant à nous, il ne nous reste plus qu’à vivre et profiter du temps qu’il nous reste jusqu’à la prochaine épreuve, qu’elle soit fatale ou non, en priant que les décisions du sommet n’égratignera plus la base.

Marc Contra – 15 / 07 / 2016

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